Ordination des frères Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond et Zeyad Jirjees le 27 juin 2015 au couvent de l’Annonciation à Paris

Le samedi 27 juin 2015, veille de la saint Irénée (saint patron de la Province de France) et avant-veille de la saint Pierre et saint Paul, les frères Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond et Zeyad Jirjees ont été ordonnés prêtre et diacre par Monseigneur Pierre Raffin, op, évêque émérite de Metz. La messe d’ordination a été célébrée en l’église du couvent de l’Annonciation à Paris. De nombreux frères étaient présents, la famille des ordinands et des chrétiens d’Irak venus entourer le frère Zeyad.

Voici quelques photos, dans l’action de grâce pour le nouveau prêtre et le nouveau diacre que Dieu donne à l’Eglise !

(Photos : frère Lionel Gentric, couvent de saint Pierre Martyr à Strasbourg)

Album photo complet

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3 frères dominicains feront profession solennelle le 29 août à Lille

Les frères Olivier Catel, Charles Desjobert et Pierre-André Mauduit ont été admis à faire profession solennelle dans l’ordre dominicain pour la Province de France.

La profession solennelle est l’engagement définitif dans la vie religieuse. Elle correspond donc aux trois voeux prononcés par les religieux : pauvreté, chasteté et obéissance. Elle se fait selon la formule ci-dessous dans l’Ordre dominicain. La particularité dominicaine est de ne prononcer que le voeu d’obéissance, comme étant le voeu qui ordonne et inclus les autres, puisque l’obéissance implique directement la volonté.

Moi, frère N.N., je fais profession et promets obéissance à Dieu, à la bienheureuse Vierge Marie, au bienheureux Dominique, et à vous, frère N.N., Prieur provincial de la province de France qui représentez le frère N.N., Maître de l’Ordre des Frères Prêcheurs, et ses successeurs, selon la Règle de saint Augustin et les Institutions des Frères Prêcheurs ; aussi je serai obéissant à vous et à vos successeurs jusqu’à la mort

En attendant de les entourer par notre présence et par la prière le 29 août prochain au couvent de Lille, voici en quelques lignes la présentation de chacun.


16708663250_33ace1f8e6_kFrère Olivier Catel

Le frère Olivier est originaire de Dole dans le Jura. C’est par l’apprentissage de l’hébreu qu’il redécouvre sa foi chrétienne. Comme il aime le rappeler : « J’ai redécouvert ma foi chrétienne grâce au judaïsme ». Il est alors professeur agrégé de lettres modernes, exerçant son métier dans la banlieue lyonnaise.
Il rentre au séminaire diocésain de Lyon pour devenir prêtre. Au cours de sa formation de séminariste il discerne un appel à la vie religieuse et décide de rejoindre l’ordre dominicain.

Un lieu dominicain que tu aimes, une figure dominicaine qui t’a marqué : l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem est un lieu que j’aime beaucoup. Elle a pour mission et vocation, depuis la fin du XIXe s., l’étude de la Bible sur la terre et au milieu des peuples qui lui ont donné naissance. Dans un quartier arabe, à 5 minutes des quartiers juifs ultra-orthodoxes et de la nouvelle ville, le couvent est pris dans cette ambiance bigarrée et indescriptible. A deux pas de la Vieille Ville, ce lieu est un havre de paix qui vit au rythme de l’étude et de la prière.

L’Ecole est dominée par la figure du père Marie-Joseph Lagrange, homme de foi, qui, dans l’obéissance et l’excellence intellectuelle, a promu une nouvelle approche de la lecture de la Bible malgré les oppositions et les peurs.


1044901_215957941890549_474976123_n (1)Frère Charles Desjobert

Le frère Charles a grandi à Paris et à Bourges, sa région d’origine. Il suit des études d’architecture à Strasbourg et découvre l’ordre dominicain avec l’aumônerie étudiante du Domino. Aujourd’hui le frère Charles se passionne pour l’architecture sacrée et il vient de publier un livre sur le laïc dominicain Pier Giorgio Frassati, que saint Jean-Paul II avait présenté comme modèle pour la jeunesse.

Un lieu dominicain que tu aimes : j’aime particulièrement la Chapelle de Vence, réalisée par Matisse : pour la beauté, la paix et la lumière qui rayonnent de ce lieu de prière. Il évoque avec force la vie dominicaine, avec sa représentation de St Dominique par Matisse et de Notre Dame du rosaire. Davantage, il offre à contempler la mort et la résurrection du Christ grâce à un chemin de croix poignant et aux couleurs puissantes de l’arbre de vie.

Une figure dominicaine qui t’a marqué : Outre Pier Giorgio Frassati, je suis interpellé par la figure du père Marie-Alain Couturier et son combat pour que l’Eglise reste en dialogue avec le monde contemporain. J’y vois l’appel de Dominique à saisir ce qui dans le monde est capable de porter à nouveau l’Evangile, même lorsque les intuitions viennent de personnes étrangères à la foi chrétienne : prendre ce qu’il y a de bon, laisser ce qui est amer.


Version 2Frère Pierre-André Mauduit

Le frère Pierre André a grandi en banlieue parisienne d’abord à Maison-Alfort (94) puis à Clamart (92). Après des études de communication en France et à l’étranger ; c’est dans une église Baptiste qu’il redécouvre la foi. Accompagné par le pasteur de cette communauté, il redécouvre ses racines catholiques à la lecture de John Henry Newman et de sa Lettre au duc de Norfolk. Se sentant appelé à la prêtrise, il entre au séminaire d’Issy les Moulineaux pour le diocèse de Nanterre. C’est finalement le désir d’une vie commune et la liberté d’initiative apostolique qui le poussent à entrer chez les dominicains.

Un lieu dominicain que tu aimes : la ville et plus particulièrement ses carrefours et ses pubs car c’est là qu’on rencontre des gens de toutes sortes et de toutes origines.

Une figure dominicaine qui t’a marqué : Catherine de Sienne, une « bonne femme » qui a du caractère, alors que l’Europe est ravagée par la peste noire et l’Eglise divisée par le grand schisme d’Occident, elle va traverser l’Italie et la France pour rappeler l’Eglise à l’ordre et le pape à ses devoirs. Grande mystique, elle est docteur de l’Eglise.

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La liturgie au couvent dominicain

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La vie liturgique occupe une place importante dans la vie d’un frère dominicain. « Soyez assidus aux prières, aux heures et aux temps fixés. Puisque l’oratoire est par définition un lieu de prière, qu’on n’y fasse pas autre chose » précise la règle de saint Augustin.

Avec toute l’Eglise, les frères dominicains prient la Liturgie des heures et célèbrent l’Eucharistie quotidienne.

La Liturgie des heures désigne la prière quotidienne de l’Eglise, répartie en plusieurs offices dans la journée. Les offices sont les suivants :

  • les Laudes le matin (prière de louange qui ouvre la journée)
  • l’Office du milieu de jour, qui se prie entre 9h et 15h
  • les Vêpres (prière du soir)
  • les Complies avant le coucher
  • l’Office des lectures, méditation de l’Ecriture et des textes des Pères de l’Eglise ou de la tradition. Il correspond à l’office monastique des Matines ou Vigiles (office de nuit), mais à la différence de l’office des Matines, il se prie à n’importe quel moment de la journée.

Enfin, la vie liturgique d’un couvent dominicain culmine avec l’Eucharistie conventuelle qui réunit les frères autour de la table eucharistique.

Le répertoire d’hymnes et de chants majoritairement utilisé dans les couvents dominicains est celui de la Liturgie chorale du Peuple de Dieu, composé par le frère dominicain André Gouzes. Il associe modernité du langage et tradition harmonique (chant grégorien, byzantin, polyphonie ancienne).

Les frères ne prient que certains offices en commun. Généralement les offices des Laudes et des Vêpres sont priés en commun, avec des variantes suivant les couvents pour les autres offices.

4572-copie-copie1Ceci correspond au type de vie que Saint Dominique voulait pour l’ordre, avec une vie régulière qui laisse suffisamment de place pour la vie apostolique et l’étude : « que le supérieur ait en son couvent pourvoir de dispenser les frères chaque fois qu’il l’estimera convenable, principalement en ce qui paraîtrait faire obstacle à l’étude, à la prédication, ou au bien des âmes » précise le prologue des Constitutions de 1220 (1). Humbert de Romans, le quatrième successeur de Dominique à la tête de l’ordre, ajoute même que saint Dominique était prêt à aller gratter toutes les règles dans les couvents où on enseignait que la règle obligeait sous peine de péché, sans dispense possible.

Une autre caractéristique de la liturgie dominicaine est, selon les mots de nos constitutions, que « nos célébrations présenteront simplicité et sobriété » (LCO 65) (2). Là encore il s’agit de préserver du temps pour la vie apostolique sans bâcler une liturgie qui ne serait alors plus nourrissante. C’est la fondation des ordres mendiants (dominicains et franciscains) qui a popularisé le bréviaire, dont le nom même indique le choix d’une liturgie brève.

L’équilibre est à trouver entre la vie apostolique, annonce de l’Evangile pour le bien des âmes, et la vie commune dans une liturgie de qualité célébrée en commun. Avec son style, le frère Timothy Radcliffe en résume ainsi l’enjeu : « L’unité de l’ordre dominicain n’est pas de nature idéologique. Nous ne partageons pas les mêmes opinions politiques ou théologiques, et c’est merveilleux. Pour demeurer unis, il nous faut prier ensemble, apprendre les uns les autres, parfois douloureusement, et ne pas trop nous prendre au sérieux. » (3)


(1) Pour retrouver ces éléments de l’histoire de l’ordre à ses origines : Dominique ou la grâce de la parole, Cerf

(2) Livre des Constitutions et Ordinations des frères de l’ordre des prêcheurs (Constitution de l’ordre dominicain – en abrégé : LCO

(3) Pèlerin, n° 6900, du 26 février 2015

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800 ans de vie dominicaine – Messe du Jubilé à Toulouse (Pentecôte 2015)

IMG_0422 (1)Au printemps 1215, Dominique de Caleruega installe la petite communauté d’hommes qui s’est formée autour de lui à Toulouse.Depuis plus de dix ans, ce chanoine castillan sillonne le Languedoc, d’abord accompagné de son évêque puis seul. Il accepte les interpellations des hérétiques que l’on appelle aujourd’hui « cathares » ; il oppose des arguments à leurs raisons et manifeste son désir de prêcher l’Évangile de Jésus-Christ de manière pacifique. En 1206-1207, des femmes ont entendu son appel et se sont groupées à Prouilhe, au pied de la colline de Fanjeaux, entre Carcassonne et Castelnaudary, pour mener une vie de type monastique. Malgré la croisade des Albigeois et la guerre civile qui s’ensuit, Dominique poursuit sa route, jetant les bases d’une nouvelle famille religieuse.

Huit siècles plus tard, la famille dominicaine fait mémoire de la fondation de l’Ordre des Prêcheurs. C’est que la mission inaugurée dans le Midi de la France par Dominique et les siens a rayonné depuis dans le monde entier. Les figures marquantes comme Thomas d’Aquin, Fra Angelico et Catherine de Sienne, ou encore plus proches de nous : Barthélemy de Las CasasMarie-Joseph Lagrange et Jean-Joseph Lataste  ; mais aussi les milliers de frères et sœurs qui poursuivent humblement la mission de Dominique. (d’après : http://historia.op.org)

Plus d’un millier de frères, sœurs, laïcs dominicains et fidèles étaient ainsi réunis pour le week-end de la Pentecôte à Toulouse et à Prouilhe. En voici quelques photos.

Retrouvez tout le programme des 800 ans sur le site officiel du huitième centenaire : http://historia.op.org

Photos : Tabella et Dominicains de Toulouse

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Prier 15 jours avec Pier Giorgio Frassati, par le frère Charles Desjobert

Le frère Charles Desjobert, frère étudiant au couvent de Lille, vient de publier Prier 15 jours avec Pier Giorgio Frassati*. Il nous présente son livre et la personne de Pier Giorgio.

Qui est Pier Giorgio Frassati ?

Pier Giorgio est un jeune étudiant, mort d’une maladie en 1925 à l’âge de 24 ans et béatifié par Jean-Paul II le 20 mai 1990, il y a tout juste 25 ans. C’est une figure qui a beaucoup marqué les jeunes de son temps et qui est encore très actuelle. Il est issu d’une famille de grand renom, son père est le fondateur de la Stampa, le grand journal italien. Au lieu de suivre une carrière toute tracée et de reprendre le journal familial, il va s’investir auprès des plus pauvres, donner sa vie pour l’Evangile dans la charité quotidienne, discrète, humble. Sa famille proche ne voit pas ce qu’il vit ni ce qu’il fait. Ce n’est qu’après sa mort, qui survient subitement, qu’on découvrira l’étendue de sa charité. Pour ses parents il passe à côté de ses études ce qui les inquiète. Pier Giorgio est aussi marquant pour son engagement contre le fascisme, le groupe d’amis qu’il va fonder (les types louches) et par son amour de la montagne : c’est un grand alpiniste.

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Pier Giorgio Frassati alpiniste

Quel est son rapport avec les dominicains ?

Il s’investit dans beaucoup de mouvements, mais il va faire un engagement plus fort encore, en devenant laïc dominicain. Le 28 mai 1922, dans l’église du couvent des dominicains de Turin, il s’engage et prend le nom de frère Jérôme.

Peux-tu nous dire qui sont les laïcs dominicains ?

Les laïcs dominicains sont l’une des trois banches qui composent l’ordre dominicain. Au côte des frères et des sœurs moniales, il y a des laïcs qui peuvent être mariés, engagés dans la société et qui veulent annoncer l’Evangile par toute leur vie à la manière de saint Dominique dans un engagement autre que celui d’une vie religieuse à proprement parler. Ainsi, Pier Giorgio a vécu le charisme dominicain dans son attachement à la Parole et dans le service des plus pauvres, en allant vers ceux qui sont mis de côté, dans son amour du monde tel qu’il est à cette époque, sans se voiler la face. On pourrait enfin ajouter sa dévotion mariale et la prière régulière du rosaire.

Comment as-tu fait la connaissance de Pier Giorgio Frassati ?

J’en avais entendu parler quand j’étais louveteaux puisque mon groupe s’appelait Pier Giorgio Frassati. Mais c’est surtout comme étudiant que je l’ai découvert, nous l’avions choisi, dans la colloc’ chrétienne où j’étais, comme saint patron avec Claire de Castelbajac, et ces deux figures m’ont marqué. C’est comme cela que j’ai approfondi l’histoire de Pier Giorgio. En rentrant chez les dominicains, je me suis aperçu qu’il était en plus laïc dominicain, ce que je ne savais pas alors.

I-Grande-153281-prier-15-jours-avec-pier-giorgio-frassati.netC’est le premier livre que tu écris. Qu’est-ce que tu retiens de cette expérience ?

C’était un peu laborieux au début, mais très riche de se confronter à la vie de quelqu’un et pour la première fois de prendre vraiment le temps de parcourir les nombreux livres écrit à son sujet et puis de prier avec lui. Puisque c’est un livre spirituel, la portée était autre que simplement biographique. Il y avait un cheminement. Si je veux proposer à des personnes de méditer avec Pier Giorgio Frassati, il faut moi-même l’avoir fait. Une certaine exigence, parce qu’on ne se sent jamais vraiment à la hauteur : ne suis-je pas à côté de ce qu’il a voulu dire, ce qu’il a vécu ? J’espère avoir été le plus fidèle possible à ce qu’il a vécu lui. Même si bien sûr il y a un peu de moi qui transparaît dans ce livre.

Une phrase que tu retiens de Pier Giorgio Frassati ?

Une phrase qui m’a beaucoup marqué, c’est quand il visite les plus pauvres, il dit : « autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière particulière, une lumière que nous n’avons pas nous ». C’est quelque chose qu’il perçoit que cette lumière des pauvres qui peut nous enrichir.

 * Prier 15 jours avec Pier Giorgio Frassati, Nouvelle Cité, mai 2015

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« Veille sur ta paix intérieure et des multitudes se sauveront à tes côtés » – les frères en ermitage

« Veille sur ta paix intérieure et des multitudes se sauveront à tes côtés » : on pouvait lire cette phrase de saint Séraphin de Sarov sur la porte d’un des ermitages occupé par les frères étudiants du couvent de Lille.

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Les ermitages dans la montagne

Pour une retraite en solitude et en silence, les frères étudiants ont rejoint une vallée reculée des Hautes-Alpes. Sans électricité, dans un ermitage, des petites choses prennent de l’importance. Les heures de sommeil se décalent pour se caler sur celles du coucher et du lever du soleil, on coupe son bois pour alimenter le poêle à bois qui chauffera la nuit et la température de la douche du soir dépendra de ce que le soleil a donné sur la douche solaire dans la journée… La différence avec une expérience de scoutisme, vécue par ailleurs par certains frères, est la solitude : temps réservé à la prière, à des lectures spirituelles et à la randonnée en montagne !

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Intérieur d’un ermitage

La région offre de beaux chemins de randonnée pour grimper sur les cimes !

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Comme l’a introduit notre père-maître au début de la retraite, ce dépouillement est l’occasion de retrouver un rapport à soi et au monde qui est de recevoir plus que de saisir. C’est le rapport fondamental à la Vérité dans la foi chrétienne : la vérité ne se saisit pas, on se laisse saisir par elle. Vérité (Veritas en latin) est d’ailleurs la devise de l’ordre dominicain.

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Frère Charles Ruetsch du couvent de l’Annonciation à Paris.

La retraite était accompagnée par le frère Charles Ruetsch du couvent de l’Annonciation à Paris. Son intervention quotidienne était le moment de parole de la journée. Il avait choisi pour axe le thème de la protection de l’environnement et du respect de la Création, dans une perspective théologique, alors qu’une encyclique du pape François s’annonce sur ce sujet dans les semaines qui viennent.

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3 questions au frère Marie-Augustin, qui sera ordonné prêtre le 27 juin prochain

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Le frère Marie-Augustin lors de son ordination comme diacre

Le frère Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond, actuellement en stage diaconale au couvent de Helsinki (Finlande) en Finlande, sera ordonné prêtre le samedi 27 juin prochain.

Que faisais-tu avant de devenir dominicain ? Comment est-tu venu à l’ordre dominicain ?

Après des études d’ingénieur à Paris, j’ai travaillé au Japon pendant un an dans l’ingénierie informatique, puis deux ans en France dans un cabinet d’audit financier, avant d’entrer au noviciat à Strasbourg en 2008. Je cheminais depuis de nombreuses années avec le Service des Vocations du diocèse de Paris, sans que je ne me décide à franchir le pas : je me sentais appelé à être prêtre depuis longtemps mais ne me voyais pas prêtre diocésain. Je discernais aussi un appel à la vie fraternelle, mais qui n’était pas la vie monastique, car je voulais aussi une vie apostolique, et j’ai pour cela fréquenté un certain temps une congrégation de missionnaires. Je pataugeais un peu. C’est un ami qui m’a fait lire un ouvrage sur les dominicains. Ce fut un choc et une révélation : une vie apostolique et contemplative, faite d’étude personnelle et de vie fraternelle ; j’avais l’impression de résoudre ma quadrature du cercle ! Cette lecture en a appelé d’autres sur St Dominique et sur l’Ordre, puis très rapidement une rencontre avec les frères du couvent de l’Annonciation à Paris. Quatre mois après, j’entrais au noviciat. Bref, c’est plutôt l’ordre qui est venu à moi, après que je l’ai longtemps cherché !

Tu seras ordonné prêtre fin juin. Tous les dominicains sont-ils prêtres ? Comment comprends-tu le fait d’être à la fois religieux et prêtre ?

Non, tous les frères ne sont pas prêtres, et c’est heureux : nous sommes frères avant d’êtres prêtres. Ce qui nous enracine dans l’Ordre, ce sont nos vœux, comme les sœurs ou les laïcs dominicains. Cependant, être prêtre me paraît assez naturel dans l’Ordre : notre mission, telle que Dominique l’a voulue et telle que l’Église l’a approuvée, est de prêcher l’Évangile du Salut, de témoigner de la miséricorde en essayant de la vivre ensemble ; il est alors naturel de pouvoir, dans les sacrements, poser les actes efficaces du Salut que nous annonçons, et donc d’être prêtre. Mais la vie dominicaine ne se réduit heureusement pas à cette dimension : il nous faut prêcher par la parole et par l’exemple, et notre première prédication est notre vie commune.

Justement, pour toi, la vie dominicaine qu’est-ce que c’est ?

C’est d’abord une tension, entre d’une part la vie régulière au couvent faite de temps fraternels (office, repas, chapitre) et personnels (étude et prière), et d’autre part les appels auxquels nous répondons pour aller prêcher à l’extérieur. Cela m’a frappé lorsque j’ai découvert l’Ordre, et je me rappelle avoir pensé que ce serait difficile de trouver l’équilibre. Les années passant, je ne cesse de mesurer combien c’est vrai.
Un autre aspect marquant de la vie dominicaine est notre gouvernement, avec cette note « démocratique » : le chapitre est un lieu de décision et un exercice de charité. On fait vœu d’obéissance à Dieu et aux supérieurs, mais aussi d’une certaine façon à ses frères, lorsqu’il faut trouver les moyens d’arriver à « l’unanimité des cœurs » chère à nos constitutions.
Il y enfin la joie qui me paraît importante. Cela fait un peu puéril, mais je crois qu’elle est un bon moyen de vérifier si la Bonne Nouvelle dont nous vivons et que nous annonçons est vraiment bonne. Cela bien sûr n’empêche pas la vie commune d’être parfois pesante, et exigeante…

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