Apostolat d’été à Camaret

Chaque été, les frères étudiants participent à plusieurs missions apostoliques en France ou à l’étranger. Le frère Jacques-Benoît était à Camaret-sur-Mer pour une semaine d’animation de la paroisse, accompagné d’autres frères dominicains. 

Dans le parler dominicain, reviennent souvent des expressions glorifiant la vie fraternelle et la

grandeur d’un apostolat « aux frontières » (de l’Eglise, de la société, de l’Ordre…). Je dois avouer que j’ai spontanément tendance à regarder ces éléments de langage comme de beaux slogans un peu éloignés de la réalité. Mais la semaine passée à Camaret-sur-Mer du 3 au 12 août dernier m’oblige à saupoudrer un peu de bienveillance sur cette attitude volontiers défensive.

Effectivement cette semaine a été un beau moment partagé avec des frères venus de trois pays d’Europe. Benoît Vandeputte du Couvent de Strasbourg, Thomas-Marie Gillet du Couvent de Lyon et moi-même du Couvent de Lille représentions la France. Nous avons vite été rejoints par les frères Philipp König et Daniel Stadtherr du Couvent de Mayence en Allemagne, par le frère Dominic White de Newcastle en Angleterre et enfin par le frère Réginald Blondeel de Lille. A ces frères religieux, ce sont joints des laïcs dominicains, aux premiers rangs desquels Chantal Pithois-Latapie de Paris qui nous a accompagnés au début de notre séjour. Différences de nationalités, d’états de vie, de générations… mais de bons (de très bons) temps passés à échanger et à découvrir toutes les richesses de la Bretagne au service de l’Eglise du Finistère qui nous recevait.

Car, au cœur de cette rencontre fraternelle, étaient inscrites les activités apostoliques que nous avons proposées toute la semaine avec les chrétiens de la paroisse de la Presqu’île de Crozon. Celles-ci avaient pour centre la chapelle de Rocamadour, au cœur du port de Camaret. Edifiée au XVIème siècle, elle est chère au cœur des habitants du lieu mais voit défiler un grand nombre de vacanciers en été. Notre objectif était d’y assurer un accueil et une présence priante, manifestant la vocation première de ce lieu. Chaque jour, les camaretois et les touristes pouvaient célébrer avec nous l’office de sexte et la messe. Un grand nombre d’intentions étaient déposées au fond de l’église, confiées à notre intercession. D’autres activités apostoliques plus ponctuelles étaient aussi proposées. Le 6 août, après la messe de 18h30, un fest-noz pour la fête de la Transfiguration a eu lieu autour de la chapelle. Les paroissiens s’étaient chargés de confectionner les traditionnelles crêpes, mais aussi d’initier les béotiens (dont nous étions) aux danses bretonnes !

Le 7 août, un « pardon des surfeurs » a rassemblé quelques amateurs de glisse. Le 8 août pour la Saint Dominique, une randonnée spirituelle, structurée autour de grandes figures dominicaines, était organisée depuis une chapelle proche de Camaret et trois laïcs dominicains ont prononcé leur engagement à Rocamadour. Enfin, le 9 août, une nuit du cinéma, proposée en partenariat avec le cinéma de la ville nous a entraînés dans une relecture de l’histoire récente de l’Europe à travers trois films : The Grand Budapest Hotel, Joyeux Noël et Ida. Les échanges avec le public auraient pu se poursuivre tard dans la nuit, si la salle n’avait dû fermer ses portes ! Et pour nous, frères dominicains, voir évoqués les conflits qui ont déchiré l’Europe au XXème siècle et qui impliquaient les pays dont nous étions originaires ne pouvait que nous toucher profondément, après une semaine si marquée par la fraternité.

A l’une des pointes ouest de l’Europe, je crois que nous avons sans doute expérimenté, humblement, quelque chose de ce que Saint Albert le Grand définissait la vie dominicaine par ces mots : « dans la douceur de la fraternité, rechercher la vérité et s’inquiéter avec passion du salut de tous les hommes ». Des paroles qui, après ce séjour, ne sonnent pas creuses mais qui sont revêtues de la saveur de l’incarnation et poussent à repartir au large pour une nouvelle année.

La bénédiction des surfers

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L’équipe d’accueil 

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La neuvaine à saint Dominique avec les soeurs de Chalais

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C’est une tradition qui dure encore aujourd’hui : chaque année, les moniales dominicaines de Chalais invitent un frère étudiant pour prêcher la neuvaine à saint Dominique. Cette année, c’est le frère Jean-Baptiste qui s’est prêté à cet exercice.


Car il s’agit d’un exercice très formateur : prêcher aux Complies pendant les neuf jours qui précèdent la fête de saint Dominique le 8 août. La vie de saint Dominique peut être abordée de multiples manières. Et chacune en révèle l’abondance de grâces qu’il a reçues. Préparer cette neuvaine m’a donc donné l’occasion, une nouvelle fois, de comprendre ce qui est à l’origine de l’Ordre des Prêcheurs et de me fortifier dans son charisme pour aujourd’hui. Le thème choisi était celui de la ville : et si prêcher n’était pas une manière de construire et d’habiter une ville ? C’est ce que j’ai tenté de montrer au long de cette neuvaine, non sans appréhension devant ce public averti !

Mais cette neuvaine est avant tout un temps partagé avec les sœurs moniales et les frères de passage dans l’attente d’une fête. Et les sœurs savent très bien préparer une fête. C’est donc dans la joie simple et familiale que nous avons rendu grâce ensemble pour la vie de saint Dominique et pour les fruits qu’il a portés jusqu’à aujourd’hui.

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« J’étais en prison et vous m’avez visité… »

prisonLe frère Olivier Catel est bénévole à la Cimade. Il intervient auprès des personnes détenues de nationalité étrangère. Il nous donne un témoignage de sa mission.

 


Après 2 ans de mission en prison, les « portes du pénitencier » viennent de se refermer: moi, je suis dehors; eux, ils restent à l’intérieur. Pendant ces deux années, avec la Cimade, j’ai eu la joie de me rendre dans une prison lilloise pour aider les détenus étrangers qui sont bien perdus dans ce pays et ce système judiciaire qui leur échappe. J’ai commencé cette mission avec Jacques, devenu un ami, qui m’a initié aux procédures, au Céséda, au QI, au QD, au TS, à l’OQTF, à l’ITF… j’aurais pu me noyer sous toutes ces procédures parfois cauchemardesques mais l’essentiel n’était peut-être pas là: comme me disait Jacques, il faut aller voir les détenus étrangers car ce « sont les plus malheureux en prison ».

Dans le parloir avocats, j’attendais donc des détenus qui avaient demandé à me voir: une rencontre toujours nouvelle, inattendue… Je pensais partir avec pas mal de préjugés mais j’ai vite compris que j’avais seulement devant moi des hommes, que je n’étais sans doute au fond pas meilleur qu’eux et qu’ils avaient besoin de mon aide et que je me devais d’être là. Un début d’entretien toujours un peu technique, administratif, des papiers à remplir, des démarches à organiser.. Un quart d’heure de paperasserie bien nécessaire mais ensuite une rencontre, une visitation, un échange. J’étais visiteur de prison mais en fait j’étais visité en prison : dans chaque détenu, je découvrais le visage d’un frère, du Christ qui me montrait son visage. « Le Christ est en taule » comme aime à le répéter un frère aumônier. Parfois, je ne rencontrais le détenu qu’une fois; parfois, nous nous sommes rencontrés pendant 2 ans. Des amitiés se lient dans ce lieu où chacun vit une expérience de la parole : pour le détenu, une parole « normale » qui lui rappelle que la prison n’est pas un lieu « normal », qui lui rappelle qu’il existe une vie dehors; pour celui qui visite, une parole de consolation à donner, une voix à écouter. Dans ces échanges humains si fondamentaux, j’ai souvent senti la présence de leur famille, souvent loin, très loin. Nous parlions de tout, parfois même de Dieu même si je devais garder une certaine réserve : ce n’était pas un cadre d’aumônerie mais bien un cadre plus « administratif ».

Ces belles rencontres continuent à l’extérieur : combien de fois j’ai pu porter dans le secret de ma prière ces visages. J’ai souvent emporté un peu de la prison avec moi. J’ai beaucoup pensé durant ces deux années au bienheureux père Lataste, un frère dominicain du XIXe s. qui fut « l’apôtre des prisons » et j’ai souvent médité cette parole : « les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grands saints ; qui sait s’ils ne le deviendront pas un jour ». A mes frères de prison: « je ne vous oublie pas, à bientôt! »

La Cimade est une organisation oecuménique née de l’initiative de jeunes protestants qui voulurent sauver des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. La Cimade est une association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile.

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Première messe du frère Marc Bellion OP

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Le dimanche 6 juillet 2014, le frère Marc Bellion, tout juste ordonné prêtre, a célébré une première messe dans l’église saint Pie X de la paroisse de Luxembourg – Belair, sa paroisse d’origine. Le frère Marie-Augustin, tout juste ordonné diacre, a donné l’homélie.

Beaucoup de proches et d’amis du frère Marc qui l’ont vu à l’œuvre dans cette paroisse sont venus célébrer avec lui cette messe d’action de grâce.

Le frère Marc est maintenant assigné au couvent de Nancy où il sera investi dans la pastorale en milieu carcéral.

Plus de détails ici pour les lecteurs germanophones.

 

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Dimanche 29 juin 2014 en la cathédrale Saint-Gatien de Tours, le frère Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond a été ordonné diacre et les frères Paul-Adrien du Moulinet d’Hardemare, Jean-Dominique Bruneel, Nicolas Burle, Thomas-Marie Gillet et Marc Bellion ont été ordonnés prêtres par Mgr Aubertin, archevêque de Tours.

Cette fête, qui a réuni familles, amis et de nombreux frères de la province venus pour entourer les nouveaux ordinants,  a été remplie de ferveur et de joie. Nous rendons grâce à Dieu pour ces ordinations et l’espérance qu’elles témoignent quant à la mission de notre province.

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interview du frère Nicolas Burle

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Le frère Nicolas Burle sera ordonné prêtre à Tours avec quatre autres frères le 29 juin prochain. C’est l’occasion pour Tabella de l’interviewer sur ses impressions et son parcours.


Tu viens de finir tes études à Lille, à Strasbourg puis Ottawa. Y a-t-il un thème, approfondi durant ces études, que tu as particulièrement envie de transmettre aujourd’hui ?

Ce que j’ai découvert durant ces six années, c’est que les études peuvent rendre heureux ! Ce n’était pas exactement ce que j’avais vécu en école de commerce… Certains cours m’ont laissé dans un sentiment, étrange et très agréable, à la fois de paix intérieure et de bouillonnement intellectuel. L’autre leçon, c’est de trouver des mentors, vivants et morts, pour apprendre la vie auprès de ceux qui ont fait l’expérience de la vie. Les grandes œuvres de théologie (saint Thomas d’Aquin évidemment !) mais aussi d’excellents romans (les Mémoires d’Hadrien, Journal d’un curé de campagne, Voyage au bout de la nuit, toute l’œuvre de Zweig,…) pour apprendre sur Dieu, sur moi et sur les autres.

Au moment de regarder ces années, je pense que le fil rouge de mes études aura été de répondre aux questions qui m’étaient posées lors de rencontres et pour lesquelles j’avais avoué n’avoir pas de réponse satisfaisante : "Dieu et la violence dans la Bible", "Faut-il connaître le Christ pour être sauvé?" mais aussi "Peut-on prêcher l’évangile à tout le monde?" qui fut le sujet de mon mémoire depuis deux ans.

Comment te sens-tu à la veille de ton ordination sacerdotale ?

Entre un atterrissage et un décollage! Je viens de rentrer de deux ans d’études au Canada et j’atterris au couvent de Tours aussi longtemps qu’on me demandera d’y vivre. En même temps, je me sens tout petit face à cette nouvelle et immense mission qui me sera confiée et qui va certainement transformer ma vie. Si l’Église est bien un hôpital de campagne, je me sens un peu comme un brancardier sur un champ de bataille qui doit aller soigner tous ceux qui veulent bien être sauvés. Avec une différence essentielle : nous ne sommes jamais seuls. Non seulement Dieu est là mais aussi tous ces hommes et ces femmes qu’Il mettra sur ma route pour m’apprendre à être prêtre. C’est ma prière aujourd’hui.

Comment s’articule, selon toi, la vie religieuse dominicaine avec le ministère de prêtre ?

Je me sens tout d’abord profondément frère dominicain. Frère parmi les frères prêcheurs. À l’image de Dominique, nous sommes envoyés pour prêcher la miséricorde et pour célébrer la miséricorde dans les sacrements. Miséricorde du Père qui nous sauve et nous adopte le jour de notre baptême. Miséricorde du Fils qui se donne à nous corps et sang dans l’eucharistie. Miséricorde de l’Esprit Saint envoyé pour pardonner nos péchés confessés et nous montrer de quel amour nous sommes aimés. Je médite chaque jour depuis que j’ai été appelé à l’ordination ces versets de saint Paul aux Corinthiens : " Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a confié le ministère de la réconciliation." (2 Cor 5,17-18) Amen!

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Marche du Grand Vent

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Jeudi 29 mai, 400 jeunes du diocèse de Lille ont marché dans la région du Mont des Cats puis se sont retrouvés pour célébrer ensemble la fête de l’Ascension. Les frères Emmanuel et Jean-Baptiste ont chacun accompagné un groupe de jeunes.


Le diocèse organisait cette année la 10e Marche du Grand Vent invitant les jeunes à se retrouver à Bailleul pour une journée de partage et de réflexion, de célébration mais aussi de détente. Partis par petits groupes, ils ont réfléchi sur l’une des Béatitudes : « Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes, le Royaume des cieux est à eux ».

D’âges divers, les jeunes nous ont partagé leurs doutes et leurs aspirations. C’est l’occasion pour nous qui les accompagnons de témoigner de l’espérance chrétienne et de les conduire à se confier eux-mêmes dans la prière.

A l’issue du parcours et du pique-nique, les groupes ont convergé vers l’église St Vaast à Bailleul pour y vivre en présence de Mgr Ulrich, archevêque de Lille, accompagnés de nombreux prêtres, la messe de l’Ascension.

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