Elle court, elle court …. la courée

Affiche courée 22-23 mars

L’atelier théâtral "les Z’1 pros" de la maison du 60 s’est produit le week-end du 22/23 mars 2014 au couvent de Lille. Les frères Charles et Pierre-André comptaient parmi les acteurs. Le frère Charles témoigne de ces représentations.


Il y a quelques jours a eu lieu au couvent de Lille une représentation théâtrale hors norme ! Les tables et les chaises de notre grand réfectoire ont fait place à un décor typiquement lillois qui nous plonge dans les courées (ces petites cours du Nord où vivent des gens modestes dans une certaine promiscuité mais aussi portés par une joie de vivre, de partager, de se soutenir). Et ce soir là, ce sont les Z’1pros de la maison du 60 (ex communauté du 28) qui assuraient le spectacle. Depuis deux ans tous ces acteurs en herbe ont écrit et monté cette pièce avec l’aide d’un metteur en scène de talent. Chacun a apporté son histoire, ses difficultés et ses joies pour faire vivre cette pièce qui nous mène des rires aux larmes. J’étais moi-même acteur avec trois petits rôles. Quelle joie de partager une telle aventure, pleine de rebondissements, de stress mais aussi de bonne détente. On s’amuse vraiment sur scène et il parait que cela se voit ! Et quand les acteurs se font plaisir c’est tout le public qui en profite. 240 personnes sont venus nous voir ce week-end. Merci à tous. On a encore envie de jouer.. pour nous… pour vous.

Synopsis : Pierre et Simone, Solange et Joseph habitent une courée qui ne manque pas d’air. Entre les pétarades de mobylette de la Justine, fille de Pierre et Simone qui fait les quatre cents coups et l’intrigante Jeanne qui reçoit chez elle toutes sortes de personnes, l’animation ne fait pas défaut — sans compter la vieille Mauricette, les lapins de Pierre, l’oiseau de Joseph, les danses sous le fil à linge. Et un accordéon pour accompagner la valse finale. Un véritable ballet où se croisent un charbonnier, un ouvrier à vélo, un facteur, un docteur, une assistante sociale, un croque-mort, un prêtre, des délégués syndicaux, bref… la courée n’en finit par de courir.

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Prédicateur sur Internet

careme-dans-la-ville

Le frère Grégoire est l’un des prédicateurs de l’édition 2014 de la retraite de " Carême dans la Ville". Il nous partage le temps de préparation de cette édition vécu chez nos sœurs de Langeac.

 

Les prédicateurs de la saison 2014 du "carême dans la ville" se sont retrouvés au début du mois de janvier, au monastère des dominicaines de Langeac pour travailler, lire, écouter et corriger ensemble les textes proposés à la méditation des retraitants. Une première, sans doute, pour un frère étudiant, et à bien des égards. Une chose de méditer à soi et pour soi seul l’Écriture, une autre de proposer le fruit de sa prière et de son étude. Une retraite d’un nouveau genre : il ne s’agit plus seulement d’écouter et de recevoir, il faut aussi parler, donner son avis et entendre celui des autres pour que la parole de Dieu soit fidèlement servie et annoncée.

Au principe : la prière, secrète et silencieuse, mais aussi commune, allègre et simple, dans la liturgie. Au principe : le Seigneur, reçu dans l’Écriture et dans les sacrements. Au principe, donc, la contemplation. Une devise de l’ordre dit "contemplari et aliis tradere contemplata" : "contempler et donner aux autres ce qui a été contemplé". J’ajouterai "ensemble" : contempler ensemble, donner ensemble, c’est le fondement de l’Ordre des Prêcheurs.

Chaque demi-journée de la retraite est consacrée à une semaine de prédication. On écoute ce qui a déjà été rédigé et le prédicateur expliquer son propos. Viennent les remarques, demandes de précision et questions qui soulignent les ambiguïtés et dévoilent les erreurs ; on émonde, on corrige et on amende. Cela est-il plus clair ainsi, cela est-il plus juste ? Assurément, la bienveillance n’empêche pas la critique ! On se rend compte, alors, qu’il peut y avoir loin de ce que l’on a voulu dire à ce que l’on a dit, de ce que l’on a dit à ce qui en a été compris. Car ce n’est pas le tout d’avoir la plume facile et les mots aisés. Et on comprend, surtout, qu’il y a loin, aussi, de ce que l’on a compris à ce qui nous est véritablement adressé par l’Évangile. Alors ? finir par le commencement : contemplari.

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3 questions au frère Denis Bissuel OP

frère Denis

Le frère Denis Bissuel, de la province de Toulouse, est depuis le mois de février 2014 le nouveau prieur du couvent de Lille. Il a été élu pour un mandat de trois ans. Il répond à l’interview de Tabella.

Pourquoi as-tu choisi de devenir dominicain ?

Je n’ai pas vraiment choisi, au sens de choisir entre différentes formes de vie religieuse possibles. J’ai plutôt perçu progressivement qu’un appel à la vie dominicaine résonnait en moi. J’ai eu la chance, quand j’étais étudiant, de rencontrer un puis des frères dominicains qui m’ont beaucoup marqué. Ils me paraissaient ‘normaux’, en pleine prise avec la réalité contemporaine, ses questions, ses recherches, tout en menant une vie originale et provocante pour le monde : vie commune et fraternelle, prière communautaire régulière du matin et du soir, célébration quotidienne de l’Eucharistie, étude de la Bible et travail intellectuel. Des gens du monde qui mènent une vie de moines ! Des moines qui sortent et prêchent, et ont des ‘choses’ intéressantes et pertinentes à dire ! Touché par cette manière d’être et de vivre, j’ai décidé un jour de les rejoindre.

Tu étais auparavant le prieur du couvent de Marseille (Province de Toulouse). Quel est, selon ton expérience, le rôle du prieur dans une communauté ?

Le prieur, qui est d’abord un frère parmi ses frères, élu sans avoir rien demandé, est là simplement pour veiller à ce que le charisme dominicain, tant dans sa dimension conventuelle qu’apostolique, soit bien vécu et par la communauté et par chacun des frères. Les frères peuvent bien vivre leur vocation dominicaine si la communauté va bien, et réciproquement. Compte tenu de la diversité qui nous caractérise, un prieur doit essayer de tout faire, me semble-t-il, pour concilier la légitime et nécessaire liberté qu’il faut laisser à chacun et la non moins nécessaire et légitime implication de chacun dans les fondamentaux de notre vie commune, qui est tout à la fois institutionnelle et fraternelle. Le prieur doit de temps en temps le rappeler à ses frères et les encourager, avec patience et persévérance.

Tu es aussi l’assistant de la fédération ND des Prêcheurs des moniales dominicaines. Comment perçois-tu le lien qu’entretiennent les frères avec les moniales dominicaines ?

La situation est très différente d’un frère à l’autre, et selon les monastères et les couvents. Frères et moniales appartiennent à l’Ordre des Prêcheurs mais ont des organisations propres : les monastères sont autonomes et rattachés directement au Maître de l’Ordre, leur Fédération n’est pas une instance qui a autorité ; les couvents sont groupés en Provinces. Il y a donc peu de liens institutionnels mais plutôt des liens par affinités : des frères sont familiers de tel ou tel monastère où ils aiment aller (il y a, m’a-t-on dit un jour, des frères ‘à sœurs’ et d’autres non) ; il peut aussi y avoir des liens réguliers entre un couvent et un monastère proches géographiquement, ce que j’ai pu connaître et c’est alors une chance. Il semble y avoir maintenant un désir plus fort d’une collaboration frères/sœurs pour la promotion des vocations dominicaines.

En tout cas les liens fraternels existants sont forts et manifestent notre appartenance commune à l’Ordre. Les frères qui le peuvent sont heureux d’assurer des permanences d’aumônerie dans les différents monastères, de prêcher à l’occasion de retraites, de temps ou de fêtes liturgiques : St Dominique, Assomption… Les sœurs, moniales d’un ordre apostolique, prient assidûment pour les frères et particulièrement pour les jeunes frères en formation et les novices. Nous portons ensemble le souci et la mission de prédication de l’Ordre.

 

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Ordination diaconale du frère Bernardas

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Le 8 février 2014, le frère Bernardas Verbickas a été ordonné diacre à Vilnius par Mgr Gintaras Linas Grušas, archevêque métropolite de Vilnius en Lituanie. Voici quelques photos de la célébration. Nos meilleurs vœux accompagnent le frère Bernardas.

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Interview des stagiaires au Pérou

Les frères Thomas-Marie Gillet et Marc Bellion, qui effectuent un stage pastoral au Pérou dans deux communautés différentes (respectivement Quillabamba et Puerto Maldonado), se sont rencontrés à Lima pour une réunion des frères dominicains du vicariat espagnol dans lequel ils travaillent actuellement.

Ils témoignent de leur expérience dans cette vidéo réalisée pour Tabella :

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Interview du frère Jean-Michel Maldamé OP

Le frère Jean-Michel Maldamé, du couvent st Thomas d’Aquin à Toulouse (de la province de Toulouse), donne aux frères étudiants de Lille un enseignement sur la création et les problématiques sciences et foi. Nous l’avons interviewé :

Peux-tu nous dire pourquoi tu es entré dans l’Ordre des Prêcheurs ?

Dans un monde où la parole est dévaluée, voire falsifiée, j’ai éprouvé qu’en humanité, il faut que les choses soient dites clairement. C’est le rôle des prédicateurs de dire clairement les choses vitales pour l’Église et la société. Il m’a semblé que les Dominicains avaient une formation telle qu’ils pouvaient répondre clairement aux questions et faire face aux situations compliquées et confuses de la vie. Il y a chez les Dominicains un goût de la vérité, le sens de ce qu’une parole vraie peut apporter à une vie meilleure – à la connaissance de l’Évangile.

Quel est ton apostolat ?

Quand j’ai fini mes études de base, le campus scientifique de Rangueil venait de se construire autour du couvent. Le chapitre provincial m’a demandé de me consacrer à l’évangélisation du « monde scientifique » ce qui impliquait à mes yeux de mener une réflexion sur les rapports entre science et foi. J’ai animé des groupes d’étudiants, d’universitaires et de chercheurs en sciences et je continue à le faire dans la limite de mes forces. Ainsi mon travail théologique est un dialogue avec le « monde scientifique », attentif à leurs questions. Par exemple, en cosmologie, d’où vient le monde, où va-t-il ? En biologie, qu’est-ce que la vie ? Quelle est la place de l’homme parmi les vivants ?

Et ce travail a été reconnu par l’Ordre qui t’a décerné le titre de « Maître en sacrée théologie » et par l’Église puisque tu es membre de l’Académie pontificale des Sciences. Quels travaux t’ont permis de te faire connaître ?

J’ai publié une douzaine de livres : d’abord dans le prolongement de ma thèse sur les rapports entre la cosmologie et la christologie, puis des ouvrages sur les questions posées par l’évolution, ou encore sur les questions anthropologiques, sur le mal, le péché originel ou encore de théologie fondamentale sur les relations entre science et religion mais aussi des ouvrages plus classiques en théologie (sur l’Esprit Saint en premier lieu).

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Une ordination en Amazonie

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C’est dans la petite ville de Puerto Maldonado, au cœur de la forêt amazonienne, au Pérou, que le frère Marc Bellion a été ordonné diacre le jeudi 16 janvier 2014. Le frère Franck Dubois était présent.

Une cathédrale au toit de taule, sous une pluie tropicale, quatre murs qui laissent passer le jour, les oiseaux et la rumeur de la ville bruissante : un cadre rêvé pour une ordination « au service » du Peuple de Dieu, dans cette ville située non loin de la frontière brésilienne, fondée, il y a une centaine d’année, par des frères dominicains. C’est Mgr Francisco (dit "Paco"), évêque dominicain du Vicariat apostolique de Madre de Dios qui présida l’ordination. Pour l’occasion, le frère Marc était entouré du frère Thomas-Marie Gillet, qui accomplit lui aussi un stage d’un an dans une autre communauté du pays, et des frères Franck et Xavier, Maître des étudiants et Prieur du couvent de Lille, venus tout spécialement pour l’occasion.

La célébration fut joyeuse et simple, inaugurant une nouvelle étape dans le stage du frère Marc : il pourra désormais célébrer des baptêmes et des mariages, et poursuivre son année de service, en compagnie des cinq autres frères de sa communauté.

Après la « misa », la « mesa » : La célébration achevée, tout le monde s’est retrouvé dans la salle paroissiale pour poursuivre la fête. Gâteau, discours, toasts et « dinamicas » (chants religieux gestués sur de la musique tropicale), rien n’a manqué.

Pas de doute, à l’autre bout du monde, et dans un contexte culturel tout différent, c’est bien le même esprit dominicain, fraternel et souriant, qui soufflait ce soir là sur la ville. De quoi fortifier le frère Marc pour ces mois à venir, et aiguiser encore l’esprit de mission si nécessaire aux religieux du XXIe siècle. Rien de plus formateur, pour s’adapter aux défis de la nouvelle évangélisation, que d’envoyer Marc, frère Luxembourgeois, en pleine Selva latina ! A vivre, loin de chez soi, la vie dominicaine selon d’autres modalités, on en repère mieux ce qui en fait l’essentiel : prédication, louange, bénédiction. On mesure alors plus justement ce qui relève simplement du contexte culturel, toujours relatif, toujours transitoire. L’Évangile, seul, demeure identique, pour tous, partout. Et c’est cette Bonne Nouvelle universelle que nous avons pour mission d’annoncer, là où l’Ordre nous enverra la proclamer. Tout un programme !

En attendant, et pour que la joie de tous soit complète, les frères Marc, Thomas-Marie, Xavier et Franck ont poursuivi l’aventure par quelques jours de vacances fraternelles en commun, à la découverte des frères de Cusco, et du célèbre Matchu Pitchu.

Bon vent à nos frères en stage au Pérou : dans l’attente de découvrir, prochainement sur tabella, quelques impressions de leur mission.

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