3 questions au frère Denis Bissuel OP

frère Denis

Le frère Denis Bissuel, de la province de Toulouse, est depuis le mois de février 2014 le nouveau prieur du couvent de Lille. Il a été élu pour un mandat de trois ans. Il répond à l’interview de Tabella.

Pourquoi as-tu choisi de devenir dominicain ?

Je n’ai pas vraiment choisi, au sens de choisir entre différentes formes de vie religieuse possibles. J’ai plutôt perçu progressivement qu’un appel à la vie dominicaine résonnait en moi. J’ai eu la chance, quand j’étais étudiant, de rencontrer un puis des frères dominicains qui m’ont beaucoup marqué. Ils me paraissaient ‘normaux’, en pleine prise avec la réalité contemporaine, ses questions, ses recherches, tout en menant une vie originale et provocante pour le monde : vie commune et fraternelle, prière communautaire régulière du matin et du soir, célébration quotidienne de l’Eucharistie, étude de la Bible et travail intellectuel. Des gens du monde qui mènent une vie de moines ! Des moines qui sortent et prêchent, et ont des ‘choses’ intéressantes et pertinentes à dire ! Touché par cette manière d’être et de vivre, j’ai décidé un jour de les rejoindre.

Tu étais auparavant le prieur du couvent de Marseille (Province de Toulouse). Quel est, selon ton expérience, le rôle du prieur dans une communauté ?

Le prieur, qui est d’abord un frère parmi ses frères, élu sans avoir rien demandé, est là simplement pour veiller à ce que le charisme dominicain, tant dans sa dimension conventuelle qu’apostolique, soit bien vécu et par la communauté et par chacun des frères. Les frères peuvent bien vivre leur vocation dominicaine si la communauté va bien, et réciproquement. Compte tenu de la diversité qui nous caractérise, un prieur doit essayer de tout faire, me semble-t-il, pour concilier la légitime et nécessaire liberté qu’il faut laisser à chacun et la non moins nécessaire et légitime implication de chacun dans les fondamentaux de notre vie commune, qui est tout à la fois institutionnelle et fraternelle. Le prieur doit de temps en temps le rappeler à ses frères et les encourager, avec patience et persévérance.

Tu es aussi l’assistant de la fédération ND des Prêcheurs des moniales dominicaines. Comment perçois-tu le lien qu’entretiennent les frères avec les moniales dominicaines ?

La situation est très différente d’un frère à l’autre, et selon les monastères et les couvents. Frères et moniales appartiennent à l’Ordre des Prêcheurs mais ont des organisations propres : les monastères sont autonomes et rattachés directement au Maître de l’Ordre, leur Fédération n’est pas une instance qui a autorité ; les couvents sont groupés en Provinces. Il y a donc peu de liens institutionnels mais plutôt des liens par affinités : des frères sont familiers de tel ou tel monastère où ils aiment aller (il y a, m’a-t-on dit un jour, des frères ‘à sœurs’ et d’autres non) ; il peut aussi y avoir des liens réguliers entre un couvent et un monastère proches géographiquement, ce que j’ai pu connaître et c’est alors une chance. Il semble y avoir maintenant un désir plus fort d’une collaboration frères/sœurs pour la promotion des vocations dominicaines.

En tout cas les liens fraternels existants sont forts et manifestent notre appartenance commune à l’Ordre. Les frères qui le peuvent sont heureux d’assurer des permanences d’aumônerie dans les différents monastères, de prêcher à l’occasion de retraites, de temps ou de fêtes liturgiques : St Dominique, Assomption… Les sœurs, moniales d’un ordre apostolique, prient assidûment pour les frères et particulièrement pour les jeunes frères en formation et les novices. Nous portons ensemble le souci et la mission de prédication de l’Ordre.

 

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