Prédication et Mission. Du St-Nom-de-Jésus au Machupicchu…

Le frère Thomas-Marie nous présente ses projets pour l’année prochaine qui le mèneront bien loin et il montre l’ancrage d’une telle mission dans l’histoire de notre Ordre.

« Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt. 28, 19 ). Au cœur de la vocation de saint Dominique et des frères Prêcheurs se trouve cet appel à la mission d’annonce de l’Évangile.

C’est au milieu de sa vie que Dominique ressentit cet ardent désir d’aller à la rencontre des hommes et des femmes de son temps, ignorant encore qu’ils sont aimés de Dieu, et qu’ils sont appelés à mettre leur pas dans les pas du Seigneur Jésus. Comment faire ? Saint Dominique choisit une vie pauvre de missionnaire tout en annonçant la foi véritable en Jésus-Christ : la foi en un Dieu qui sauve, un Dieu amoureux de sa création au point d’être venu partager sa condition humaine, un Dieu qui partage la souffrance de son peuple au point de s’offrir en sacrifice sur la Croix, un Dieu qui offre sa vie en abondance, qui pardonne et qui libère. C’est dans l’échange fraternel avec l’autre, dans la discussion et la rencontre personnelle que Dominique obtient les succès escomptés.

À sa suite et à son exemple, Dominique attire à lui des jeunes gens désireux eux aussi de vivre en pauvres itinérants, de constituer des communautés d’apôtres, priant, étudiant la Parole de Dieu et le Mystère de la foi catholique, pour s’en imprégner totalement et pour la diffuser à ceux et celles qu’ils rencontrent sur leur chemin.

L’élan missionnaire qui a prévalu à l’époque de la fondation de l’Ordre n’a jamais quitté les frères qui ont marché à la suite de saint Dominique. Le continent sud-américain garde les traces du passage des frères venus propager la foi au Christ à tous les peuples de ce Nouveau-Monde. Et loin de conquérir les âmes par la force et la violence comme le faisaient les Conquistadors pour assurer leur pouvoir temporel, c’est par la charité, la prière et la vie donnée pour le prochain que les frères ont su toucher les coeurs. Nous pouvons penser notamment au fr. Bartolomé de Las Casas, Défenseur des Indiens, ou encore à saint Martin de Porrès, surnommé « fray escoba » (« frère balai ») à cause de son humilité, de sa disponibilité à se faire le serviteur et l’ami de son prochain.

Ordonné diacre le 30 juin, j’ai été appelé à mettre mes pas dans ceux de ces aînés. Je quitte donc le Couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon pour partager la vie et la mission des frères espagnols du Vicariat du Pérou (Province d’Espagne). Après un temps d’acclimatation à Lima, je serai accueilli par les frères du Couvent de l’Immaculée Conception de Quillabamba. Quillabamba est une ville moyenne, sise entre les Andes et l’Amazonie, au nord de Cuzco, l’ancienne capitale Inca, dans la région du Machu Picchu. Mais au-delà de la carte postale de la ville de « l’été éternel », il faudra s’armer de courage et de force pour être fidèle à la vocation de prêcheur, de missionnaire. Pas de répit pour les serviteurs du Seigneur ! Même si mon travail sur place n’est pas encore bien défini on m’annonce déjà, des charges dans la pastorale sacramentelle (mariage et baptême), dans la pastorale sociale (participation à la radio communautaire), sans doute aussi de l’accompagnement et des visites auprès des communautés de base hors de la ville, dans les villages quechua. Je ne sais pas encore comment tout cela va s’organiser et s’ordonner… Je ne pars pas sans une certaine appréhension somme toute assez naturelle. Mais il faut s’accrocher au sens que prend ce départ, dans la continuité de ma vocation dominicaine : aller annoncer la bonne nouvelle du relèvement de tout homme en Jésus-Christ. Et surtout, il faut garder confiance à l’image de saint Dominique : « Allons de l’avant et pensons à Notre Sauveur ! ». Sans doute quelques articles rendront ici compte de cette forte et riche expérience. Un salut cordial à tous les bloggeurs-lecteurs et union dans la prière !

Publicités
Cet article a été publié dans Apostolat. Ajoutez ce permalien à vos favoris.