3 questions au frère Marc Leroy OP

En cette fin d’année les frères étudiants de Lille ont bénéficié d’une session sur l’Ancien Testament, donnée par le frère Marc Leroy, résidant habituellement au couvent de Jérusalem. Nous avons profité de son passage pour lui poser 3 questions.

Frère Marc, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis né à Saint-Nazaire dans l’ouest de la France. Après des études de gestion et le début de ma vie professionnelle, je me suis senti attiré par la vie religieuse. Au début, je n’ai pas rencontré de Dominicains en personne, c’est par des lectures que j’ai connu l’Ordre. Je suis entré au noviciat en 1996 à Strasbourg, puis je suis arrivé à Lille en 1997 pour mes études de théologie et de philosophie. A la fin de mon cursus et après un passage à Lyon, j’ai demandé au Provincial de l’époque, le frère Bruno Cadoré, de poursuivre dans le domaine des études bibliques. En 2003, après mon ordination presbytérale, je suis parti à l’Ecole Biblique et au Couvent Saint-Etienne à Jérusalem.
Actuellement, je suis sous-prieur de ce couvent qui accueille l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem. Je suis aussi secrétaire des études de l’Ecole, c’est-à-dire que j’établis un lien avec les étudiants passés, présents et futurs. Actuellement, l’Ecole compte 30 étudiants d’une douzaine de nationalités. Parmi les étudiants, on compte de jeunes prêtres ou religieux, mais aussi des étudiants qui s’intéressent à la Bible ou à l’archéologie dans le cas de leurs études de lettres classiques ou d’histoire. C’est un public très varié. J’assure enfin à Jérusalem un cours sur les petits prophètes et un cours d’hébreu.

Peux-tu nous dire quelques mots sur les cycles de cours que tu assures au couvent de Lille ?

Je viens à Lille depuis 5 ou 6 ans pour des sessions de cours sur les petits prophètes, le livre des Nombres, les Psaumes, les Megillot. Mon approche est fondée sur la méthode historico-critique, mais je tente de rendre compte, dans la présentation des livres bibliques, de toute l’histoire de la recherche et de la réception, dans la tradition juive et la Tradition chrétienne. J’estime que l’étude sérieuse de l’Ancien Testament est importante pour un chrétien et spécialement pour un jeune dominicain. Elle permet de comprendre les références de Jésus, des Apôtres qui baignaient dans les Ecritures. C’est un point important pour la prédication: le Nouveau Testament fait allusion sans cesse à l’Ancien Testament. Un autre élément qui m’intéresse dans les livres de l’Ancien Testament est qu’ils préfigurent bien ce qu’est l’Incarnation de Dieu en Jésus. Ces livres appartiennent à un contexte historique et géographique précis. C’est la chance que j’ai en vivant en Terre Sainte: pouvoir visiter les lieux mentionnés dans les Ecritures et m’imprégner de leur environnement. C’est d’ailleurs la raison de l’implantation de l’Ecole biblique à Jérusalem même.

Tu es un frère qui viens à Lille pour enseigner à ses frères en formation. Est-ce quelque chose d’important pour toi ?

C’est important pour moi de transmettre à des frères. Quand on est loin géographiquement de la Province, c’est assez facile de ne plus avoir de liens. Jérusalem est loin et je reviens en France une ou deux fois par an. Enseigner aux frères étudiants de Lille, cela permet d’avoir des liens concrets avec la Province, de faire connaissance avec les frères qui entrent. Moi-même j’ai beaucoup appris de mes frères. Par exemple, j’ai commencé à faire de l’hébreu avec le frère Jean-Luc-Marie Foerster. J’ai aussi suivi au noviciat une des dernières sessions avec cette immense figure qu’était le Frère Dominique Barthélemy. Pour moi, c’est transmettre ce que j’ai reçu qui compte. Par ailleurs, comme on est dans une certaine terre connue, je peux aussi faire allusion à des choses qui sont propres à l’ordre ou à la liturgie de l’ordre. Dans un cours où il n’y aurait pas de frères, je ne pourrais pas faire référence à ce qui nous est commun: le fait d’être députés à la prédication et la vie liturgique. Il y a un lien entre l’exégèse et la prédication et entre l’exégèse et la liturgie. En même temps, j’essaie d’être le plus neutre et le plus honnête, comme si je faisais un cours devant des étudiants non dominicains voire non croyants.
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